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                                   A U  F I L  D E  S O I    C r é a t i o n   c o n t e m p o r a i n e        


Au fil de soi         Cour ou Jardin ?        Ligne de fuite        Être et paraître         Bal percu-temps         Entre deux         Invitation poétique et inattendue

 

A u   f i l
d e
s o i  


Je me souviens des lourds draps blancs…

Ces grandes envolées blanches maquillaient le jardin
pour la journée...


Le jardin avait alors
des allures de décor de théâtre...

Il y avait le bruit et le crissement,
le frottement, le murmure...

J’engage une lutte contre l’éphémère instant…


Je déploie la mémoire du drap

La mémoire… tissu plié,
traqué, déchiré,…


Jeté, troué,adoré, froissé,
découpé, protégé, désiré.


Je force le destin…

 

Auteur : Marie blanche Bertincourt
Photographe : Eve Grozinger
Compositeur : Camille Muller 
Scénographie : Bernard Billa
Costumes : Céline Roger
Interprète Piano : Charlotte Muniésa
Comédien : Thierry Charpiot
Chorégraphie : Véronique Frélaut Bidron
Infographie : Gérald Cornier



La naissance d’un spectacle

Un jour sous nos yeux, une vieille malle s’est ouverte.
Une marée blanche a envahi notre présent, un débordement de linges, de robes et de draps.
Nous nous sommes projetés dans la mémoire qui disait l’histoire d’une femme aujourd’hui disparue. Quand vient le corps anéanti, restent les vêtements, seuls, vidés de chair. Les fils tissés de ce linge nous contaient l’absence et l’oubli, mais aussi le désir, le désespoir et l’espérance.
Notre réel s’est alors nourri de cette fiction. Le tissu s’est mêlé à nos peaux, les corps se sont superposés aux images virtuelles, le mouvement s’est inventé dans une écriture musicale et poétique. À travers ces mémoires mêlées, nous avons exploré le monde sensible où prime l’émotion, où l’on peut respirer le temps de l’autre, au fil du temps… sur un Fil de Soi 



La scénographie 
Les personnages sont perdus dans un espace à construire : labyrinthe de verticales et d’horizontales, vides et pleins, infini d’angles où se réfugier, infini d’ombres et de surprises.
Peu à peu l’espace se dessine, géométrique, découpé, froid et rassurant à la fois. Le parti pris de la couleur blanche ouvre notre regard et offre à l’image matières et empreintes. Encadrée, contournée, déformée, découpée, l’image confectionne un espace-vêtement.
Ainsi la matière-drap éprouvée se dénoue, dévide l’indicible et tisse entre ces lignes de fuites les méandres de notre mémoire.

Notes pour un décor :
http://www.iamb.fr/billablog

"Inspiré de Sol Lewitt, "ses structures" qui font partie du patrimoine contemporain sont interprétées comme une suite matérielle et immatérielle d’un élément géométrique basique comme le cube : Imposant, modulable, espace abstrait et concret à la fois, ouvert et fermé à son mystère, prêt a l’expérience du spectacle. La froide mathématique issue de cette œuvre libère les énergies nécessaires à la dramaturgie pour cette aptitude à produire à la fois de la distance maîtrisée et émotion inconnue." Bernard billa
"Simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience". R.Morris

 

 

Actions culturelles
La richesse d’approches de ce spectacle, tant dans sa forme que dans son contenu offre une création riche en images et accessible à tous publics. Les artistes ont une expérience approfondie des structures culturelles, éducatives, sociales et sont habitués à y confronter leur démarche artistique.

Sensibiliser à l’art contemporain et envisager le processus de création d’écritures entremêlées sur différents thèmes : corps, voix, identité, altéralité, mémoire, Sol lewitt et la géométrie sur l’abstraction contemporaine.

 

 

Synopsis
Deux personnages, un homme, une femme, "je et tu" s’éveillent l’un à l’autre.
Ils tissent de multiples liens, jouant entre souvenirs et présences, rupture et complicité.
Au commencement, un être solitaire dénoue le fil des mots, un homme submergé par les mots d’une femme, par une identité double qu’il construit et invente. Le verbe construit le passé et le chemin qui le relie à elle, à lui, à ceux qui l’ont habité. Le souffle efface le silence. Entre inspiration et expiration surgissent les gestes, les sons et la matière. En écho, "elle et lui" résonnent, font vivre "l’entre deux". Mais qui invente l’autre ?




Mise en scène et démarche


Représentation de soi et de notre relation à l’autre, "Au fil de soi" vous emmène dans l’univers mémoriel à travers cinq scènes mettant en jeu cinq domaines artistiques : arts plastiques, danse, musique, écriture poétique et photographique. Mémoires visuelles, olfactives, tactiles, auditives et affectives viendront fédérer nos vies et nos rencontres respectives, théâtralisant l’enjeu de notre participation au monde : tendre vers soi pour mieux s’ouvrir aux autres. Sur cette scène, plus de temps linéaire mais un temps intime respirant au fond de nous, ce temps rythmé par les battements de la mémoire, haut lieu du cœur où affluent émotions, couleurs et mouvements.
Jamais anecdotique et littérale, la mise en scène interroge l’espace suggestif, fragile et intime du texte. Notre écriture commune privilégie une recherche en équilibre entre états d’être, rythmes, matières et espaces. Des liens se tissent entre les expressions diverses qui se côtoient, se croisent et se rencontrent. Sur des plans multiples jouent la transversalité : ce ne sont que miroirs, replis, échos et jeux de cache-cache. Nous nous laissons "errer", questionner, influencer pour partager des sensations.

"Il ne s’agit pas de reproduire des formes mais de capter des forces". Gilles Deleuze