A L’Abbaye Notre Dame du Val à MERIEL
Journées du patrimoine Septembre 2009
Un Maître d’œuvre enthousiaste nous conduit dans ses rêves de création d’une abbaye. De la corde à la pierre, au bois, la trame se dessine, la matière et l’espace sont éprouvés : Paradis de pierre, méditation en relief, l’homme occupe, recouvre et enferme l’impalpable. Il bâtit et sera tout : argile et sable, pierre et bois, fer et bronze dans sa chair et sa peau. La structure est tout, la matière est tout.
Perspectives, volumes, formes surgissent, les corps en équilibre tissent des liens imaginaires. Silence, signes, regards suggèrent des sensations à recevoir.
Espace inconnu, tout est possible, l’œuvre continue son chemin.
Une abbaye est porteuse de sens, de résonance, de mémoire: Entre solitude et partage, les bâtisseurs recherchent harmonie, apaisement et transcendance. Le fil imaginaire qui se tisse ainsi autour de ces pierres renvoie à notre mémoire : Liens entre les époques, entre les artistes danseurs, plasticiens, musiciens, comédiens et les personnes autistes. En empathie avec ce lieu et cette singularité, de trace en traces, au milieu de ces ruines, se dessine, s’invente, sous forme de métaphores un nouveau paysage.
L’indicible se dévide et tisse un labyrinthe, ouvert et fermé au mystère de l’émotion. Tout y est fragile, dépouillée, dévoilé et mis à nu. Cet univers unique, intemporel nous questionne sur notre corps formaté et notre identité propre. Ces personnes autistes nous permettent d’accéder à quelque chose d’originel, à l’acte gratuit, d’abandonner tout artifice en dehors de toutes réponses théoriques, sociétales, codifiées, systématiques. Ils nous renvoie aux fondamentaux, qui nous relient, construisent notre mémoire, notre humanité. Nous passons ainsi de l’intime à l’universel, de la fusion au partage.